Le climat actuel, la perte de confiance des Français dans leurs élus, dont l’affaire Bettencourt-Woerth n’arrange pas les choses, est avant la conséquence d’un symptôme de la manière d’exercer la politique depuis plusieurs années, dont Sarkozy est le symbole, le plus flagrant. Il a, comme beaucoup d’autres, à tous les niveaux (au niveau national ou local), voulu adopter l’évolution de la société et le style médiatique en vogue :le « moi, d’abord ».
L’un des maux dont souffre la démocratie, c’est la sacralisation excessive de l’individu, des droits individuels, qui dissolvent le sentiment d’appartenir à un collectif et le devoir d’y prendre part. Nicolas Sarkozy a fondée sa politique à l’excès sur l’individualisation (initiatives, récompense, sanction…) mais aussi et surtout sur l’individualisation excessive de sa propre action.
Il a instauré un style individualiste de pouvoir, une forme de caprice personnel permanent. Il a placé l’égo en valeur de méthode politique.
Mais si Sarkozy est le symbole même de cette pathologie démocratique, d’autres, à tous les niveaux, collectivités locales, organisation locale des partis…ont pris le même chemin. On sert une institution, on ne s’en sert pas. Le style « moi d’abord » au détriment du collectif est devenu monnaie courante. Et le pire, c’est que ceux là même qui appliquent cette « méthode », n’ont toujours pas compris, qu’aujourd’hui, elle est totalement contre productive au plan politique. C’est la fin d’un cycle.
La vision politique de Sarkozy est totalement incohérente : sa politique va dans le sens d’un individualisme renforcé et réclame en même temps à chaque individu de se plier davantage à la discipline collective. Entres ces deux volontés antinomiques et antagonistes, sa politique devient illogique et incohérente.
D’autant plus, que si le principe de responsabilité doit s’appliquer à l’individu, il doit bien évidemment s’appliquer également dans le champ de la collectivité et donc de l’Etat. Qui plus est, qu’alors qu’il promettait d’installer une « République irréprochable », les affaires de ces derniers mois qui secoue le gouvernement et le trésorier du parti majoritaire, tient autant à certaines révélations choquantes qu’à un problème de fond, de plus en plus difficile à contourner. L’UMP reste le parti favori des grandes fortunes. Et ce gouvernement n’a pas été élu pour faire face à la crise ou diminuer les inégalités, mais sur un programme visant à décomplexer le rapport à l’argent, à travailler plus pour gagner plus, tout en payant moins d’impôts. Le tout sur le mode d’un rêve américain qui s’est effondré. Et comme le populisme naît toujours de la démagogie, il pointe du doigt des minorités pour faire oublier le reste.
Le problème, c’est que ces affaires et les amitiés fortunées du parti majoritaire mélangeant les genres et les conflits d’intérêts, font que beaucoup de français semblent croire que leurs élus sont corrompus. C’est d’autant plus immérité, que la plupart des élus, notamment les élus locaux, mènent une vie compliquée, faite parfois de vie privée quelque peu sacrifiée, de séances de travail et réunions jusqu’à pas d’heure, pour une indemnité plutôt modeste.
